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Les Sincennes Texte de Jean de Chantal. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
La famille des Petitot dit Saint-Seyne:les Sincennes d'aujourd'hui | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Déporté de Port-Royal, mutin sur le navire qui l'emporte, attaqué par un corsaire anglais: en faut- il plus pour dorer le blason de l'ancêtre des Sincennes d'aujourd'hui? Absent du dictionnaire généalogique de Jetté, on désespérait, jusqu'à ces dernières années, de pouvoir fixer l'origine de l'ancêtre de la famille d'aujourd'hui. Il fallait souhaiter que, tout au plus, un jour ou l'autre, quelqu'un finisse par «tomber dessus» sans s'y attendre. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
C'est précisément ce qui arrive en 1981 quand le Père Adrien Bergeron s'apprêtait à rédiger ses «notes de petite histoire» sur la famille des Petitot dit Saint-Seyne pour son oeuvre monumentale sur les Acadiens en 8 volumes, source des informations qui alimentent la chronique d'aujourd'hui. Il découvre tout d'abord un ancien missionnaire du nord-ouest canadien, le Père Stanislas-Joseph Petitot, «Oblat écrivain, géographe et ethnographe», originaire d'un petit village près de Dijon, en ancienne Bourgogne. Le patronyme Petitot est, dit-on, l'un des plus authentiques dans cette région; Dauzat relève sa présence dès le XIVe siècle. Une rue d'importance à Dijon porte d'ailleurs ce nom. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Ayant identifié la région de France d'où viennent les Petitot, le Père Bergeron découvre à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de la région Bourgogne, le village moyenâgeux de St-Seine- l'Abbaye, tout près de la source de cette grande rivière de France. On écrit également Saint-Cène et Saint-Cennes qui devient rapidement Sincennes, surnom rattaché au début à Petitot pour éventuellement devenir autonome. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
La souche de ce nom en Acadie est un médecin-chirurgien nommé Denis Petitot dit Saint-Seyne. On ne connaît pas ses parents, mais on sait qu'ils sont originaires du bourg de Saint-Seyne. Médecin-chirurgien de profession, il arrive en Acadie vers 1684. En 1689, il épouse Marie Robichaud, fille d'Étienne et Françoise Boudreau, à Port-Royal, capitale de l'Acadie française, devenue Annapolis-Royal aujourd'hui, «charmante petite bourgade typiquement britannique», comme l'écrit le Guide Bleu. Ils ont quatre enfants dont un seul fils, l'aîné Denis, qui assure la transmission du nom. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le 8 décembre 1755, à 5 h. du matin, les Anglais font monter 1 664 Acadiens à bord de six voiliers en partance pour les côtes de Boston et de la Caroline. Sur l'un de ces navires étaient entassées 32 familles de Port-Royal; parmi elles se trouvaient les Belliveau (Charles), les Guilbeau (Joseph), les Gaudreau (Pierre), les Dugal/Dugas (Pierre), deux familles de Granger, ainsi que les Saint-Seyne, père et fils (Denis II et Jean-Baptiste-Denis). | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Dans une lettre datée de la Rivière St-Jean le 31 juillet 1756 et qui portait les signatures des Saint- Seyne entre autres, «au nom de tous les autres habitants de la Rivière St-Jean», il est relaté comment les déportés de ce navire en particulier se révoltent et se rendent maîtres du navire, prenant les membres d'équipage anglais par surprise. Ils arrivent au port de St-Jean, (au Nouveau- Brunswick d'aujourd'hui) le 8 janvier 1756, non sans avoir été pris en chasse par un corsaire anglais qui a été contraint d'abandonner la poursuite «après un petit choc, sans aucune perte de notre côté». | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Les Petitot font partie des quelques milliers d'Acadiens qui échappent au «nettoyage» du gouverneur Lawrence de Halifax en quittant leurs fermes pour se réfugier dans les bois. Certains gagnent éventuellement la Gaspésie, d'autres la vallée du St-Laurent. C'est ainsi qu'on trouve Jean Saincennes (quatrième génération) réfugié à L'Islet où il prend épouse. De là, la famille essaime vers St-Jacques-L'Achigan pour parvenir à la Haute Gatineau d'où elle «descend» s'établir sur les rives de l'Outaouais. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Et le P. Bergeron de conclure: «Les Petitot et les Sincennes auront donc en ces dires de quoi méditer longuement et avec émotion sur les antécédents de leurs ancêtres dont ils auront pu conserver ces estimables souvenirs comme des reliques précieuses». | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Une lignée de Sincennes
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