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Chroniques de la SGO

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Chronique de la SGO

Les Ricard

Texte de Jean de Chantal.
Chronique réalisée en collaboration avec la Société de généalogie de l`Outaouais, Inc., parue le 6 octobre 1994

L'ancêtre des Ricard

Si Michel Gamelin, sieur de LaFontaine, maître chirurgien, marchand de vin et futur seigneur de Sainte-Anne-de-la-Pérade n'est guère intéressé à faire produire ses terres, il a du moins le mérite d'y avoir amené Jean Riquart, premier colon de l'endroit et ancêtre des familles Ricart. (L'épellation de Riquart est celle qui apparaît dans la plupart des manuscrits du XVIIe siècle). Selon l'historien Raymond Douville, Jean est vraisemblablement arrivé à Québec le 25 mai 1664 sur le navire hollandais Le Noir, et il aurait appartenu au groupe de nouveaux colons destinés à la région trifluvienne.

La présence du pionnier est signalée pour la première fois dans un acte du notaire Jacques de Latouche le 10 septembre 1664, date à laquelle il est déjà à l'emploi de Gamelin comme serviteur. Au recensement de 1666 commandé par l'intendant Talon, nul trace du maître et de son valet. Conscient des failles de ce premier dénombrement des ressources humaines de la Nouvelle-France, Talon ordonne qu'on en dresse un deuxième, comprenant un inventaire des troupeaux et des terres concédées. En 1667, on n'oubliera pas Gamelin, cantonné au Cap-de-la-Madeleine, où il possède alors deux bêtes à corne et 23 arpents en valeur. Jean, âgé de 22 ans, vaque probablement aux soins du bétail et à la culture du sol.

Pionnier de Sainte-Anne-de-la-Pérade

Il y a donc plus de deux ans que Jean Riquart habite sous le même toit que le sieur Gamelin lorsque celui-ci lui concède le 11 mars 1667 sa première terre, soit deux arpents de front sur deux de profondeur à la pointe sud de l'île Saint-Ignace. Le 18 novembre 1669 Riquart obtient une part dans la commune où d'autres colons viennent tout juste de s'installer, notamment Pierre Pinot dit Laperle.

Ancêtre persévérant

De 1671 à 1675, on n'entendra guère parler de l'ancêtre. Mais il continuera de tenir le fort alors que la plupart de ses compagnons de la première heure ont déjà quitté Sainte-Anne. L'année 1675 est, semble-t-il, l'année du mariage de l'ancêtre. Malheureusement, ni acte de l'état civil ni contrat, s'il y en eut un, n'ont été conservés. Cette carence en entraîne une autre : nous ignorons le nom des parents du premier colon de Sainte-Anne, de même que son lieu d'origine qui pourrait bien être le Poitou ou la Saintonge. M.-Madeleine Pinot, sa future épouse, est la deuxième fille de Pierre Pinot dit Laperle (mentionné plus haut) et d'Anne Boyer; elle avait été baptisée à Trois- Rivières le 25 avril 1660.

La fin du vieux colon

Le recensement de 1681 nous apprend que Jean Riquart exerce le métier de boulanger, qu'il possède trois bêtes à cornes et six arpents en valeur. Le vieux pionnier de Sainte-Anne-de-la-Pérade, rompu par le travail et les ans, rend le dernier soupir le 8 juillet 1726 et est inhumé le lendemain dans le cimetière de sa paroisse. Le curé le vieillira d'une dizaine d'années dans son acte de sépulture, se fiant sans doute plutôt aux apparences qu'à son âge réel.

Madeleine Pinot vit encore près de huit ans et meurt le 26 mai 1734. Plus de deux siècles s'écoulent avant que les paroissiens de Sainte-Anne rendent un vibrant hommage à leur premier pionnier le 24 mai 1942. Ses enfants, 4 garçons et 6 filles, l'imitent et s'acharnent eux aussi au défrichement et à la culture. Bien peu de colons peuvent se glorifier d'une semblable ténacité et d'un pareil enracinement au même sol.

Deux fils coureurs de bois

Jean né vers 1676 ou 1677 (2e génération) et Charles-Simon, fils aînés de l'ancêtre, ont été tous deux coureurs de bois pour le compte de la Compagnie de la Colonie, au début du XVIIIe siècle, l'une des dix entreprises détentrices du monopole de l'écoulement du castor sur le marché français, qui ont succédé tout à tour à la Compagnie des Cent-Associés. Plus tard, Jean va s'établir dans la région de Montréal. Il se marie en 1708 à M.-Louise Morneau, fille de Jean et de Geneviève Tru (Trud). Jean, fils de Jean, décède vraisemblablement à Repentigny après 1737.

Mathias Ricard (6e génération) figure parmi les premiers défricheurs qui viennent s'établir à Pointe-Gatineau. C'est là qu'il épouse Azéline Moreau- Duplessis le 23 septembre 1867 et y élève sa famille de 10 enfants. Son fils Achille est garçon d'honneur au mariage de sa soeur Ada avec Trefflé Cousineau; il est également présent, au même titre, aux noces d'or de ces derniers, célébrées en 1946. (Voir notre chronique du 8 septembre 1994).

Une lignée de Ricard


CANADA

I
Jean I Riquart
 
1675
Madeleine Pineau (Pinot)

II
Jean II Riquart
 
11 février 1708
Ste-Anne-de-la-Pérade
M.-Louise Morneau (Mornault)

III
Pierre Ricard
 
5 juillet 1751
L'Assomption
M.-Charlotte Cervier-St-Jean

IV
Joseph Ricard
 
27 février 1797
St-Jacques de Montcalm
M.-Agéline Thibodeau

V
Isidore Ricard
 
30 janvier 1837
St-Jacques de Montcalm
Josette Godette

VI
Mathias Ricard
 
23 septembre 1867
St-François-de-Sales, Pointe-Gatineau
Azéline Moreau-Duplessis

VII
Achille Ricard
 
20 avril 1903
St-François-de-Sales, Pointe-Gatineau
Anna Fournel

VIII
Charles-Auguste Ricard
 
7 août 1943
N.-D.-de-Grâce, Hull
Théodora Latreille

IX
Claude Ricard
 
17 avril 1983
N.-D.-de-Grâce, Hull
Micheline Jean

X
Jean-Michel Ricart (1985)