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Chroniques de la SGO

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Chronique de la SGO

Les Racette

Texte de Jean de Chantal.
Chronique réalisée en collaboration avec la Société de généalogie de l`Outaouais, Inc., parue le 10 novembre 1994

Les Racette

Jean Rasset, fils de Pierre et de Jeanne du Thy (ou du Til), originaire de Sainte-Geneviève-en-Bray, archevêché de Rouen, est le premier ancêtre des familles Rasset, Rassette, Racet et Racette. L'origine du patronyme varie selon les sources; la plus probable, celle d'Albert Dauzat, viendrait de «rasse», mot de l'ancien français, utilisé en Picardie et dans le Midi qui signifierait «scie». C'est un surnom dont le diminutif est «rasset», que l'on donnait à cette époque aux artisans.

Né le 11 juillet 1643, Jean quitte la France à bord du vaisseau «Vieux Siméon» en 1665, à l'âge de 22 ans. Il avait appris le métier de menuisier en France et s'engage en cette qualité chez Simon Denis, sieur de la Trinité, qui habite Beauport. Au recensement de 1666, il est célibataire.

Le 21 novembre 1678, il épouse à Québec Jeanne, fille de Pierre Chapeau, née le 11 novembre 1657 à St- Soulle, évêché de La Rochelle, engagé au Canada en 1650 comme tisserand en toile. Sa mère, Madeleine, fille de Pierre Duval et de Jeanne Labarbe, est veuve de Pierre Jouineau. Le contrat de mariage, signé par les deux époux devant le notaire Gilles Rageot, stipule que «sera douée la future épouse d'un douaire coutumier ou de la somme de 400 livres et douaire préfix pour une fois payer à son choix à prendre sur les biens [...]». Ce qui signifie dans la langue d'aujourd'hui : quand le choix est laissé à la future veuve d'opter entre «douaire préfix et coutumier», celle-ci se voyait octroyer la moitié des immeubles que le mari possédait avant son mariage et qu'il avait reçus d'un ascendant après son mariage.

Aux recensements de 1678 et 1681, on trouve Jean à la seigneurie de Maur, à St-Augustin. Les époux y passent leur vie et ils y élèvent 14 enfants, neuf garçons et cinq filles. C'est là qu'il décède le 27 octobre 1711, à l'âge de 68 ans. Sa femme le suivra le 20 mai 1733 à l'âge de 73 ans. Leurs descendants se sont multipliés principalement dans les régions de Québec, St-Augustin, Joliette et Montréal, mais aussi, depuis 125 ans, dans l'Outaouais québécois et ontarien.

Au milieu du siècle dernier, plusieurs familles quittent la région de Joliette, après quelques années de sécheresse, pour venir s'établir dans l'Outaouais. C'est ainsi qu'Élie Racette, né en 1822 à St-Jacques l'Achigan, quitte sa région natale en 1860 en compagnie de son épouse Constance Martin-Barnabé, fille de Jérémie et Angélique Brien-Desrochers et de leurs quatre enfants. Le voyage en caravane, malgré la chaleur, la pluie et les routes non-existantes, dure plus de trois semaines. Il s'agit pour Élie de se rendre chez son frère François déjà installé à Ste-Cécile de Masham depuis 1853 avec son épouse Marguerite Bénard et leurs huit enfants. Suivant cet exemple, Élie devient le père de quatre autres enfants, tous nés à Masham.

Deux facteurs influencent peut-être certains travailleurs, dont Élie, sa femme et 5 de leurs huit enfants, à quitter leurs fermes du Québec pour venir travailler dans la région d'Ottawa : les grands travaux du Colonel By occupé à la construction du canal Rideau depuis 1827 et une crise dans l'industrie du bois qui force les journaliers qui y travaillent à se remettre à cultiver les terres pour assurer leur subsistance. Les terres fertiles d'Orléans, à quelques kilomètres à l'est d'Ottawa, attirent les Racette, «descendus» de la Haute-Gatineau.

Ils y font souche, ont laissé leur marque et y sont toujours. C'est Eugène, petit-fils d'Élie, né à Orléans le 1er avril 1897, qui fait les premières démarches pour obtenir l'électricité dans le village. Il collabore au projet de l'aqueduc et de téléphone; il est fier d'être le premier à être branché à ce nouveau moyen de communication. Membre fondateur de la Caisse Populaire d'Orléans en 1944, il en devient le premier gérant. C'est pour reconnaître sa participation à la vie communautaire et paroissiale que la Chambre de commerce d'Orléans le nomme «Citoyen de l'année» en 1969. Honneur au mérite!

400 Racette tiennent leur premier rassemblement à St-Augustin-de-Desmaures, comté de Portneuf en aôut dernier; au programme, une visite de la ferme ancestrale, habitée sans interruption par un descendant de l'ancêtre Jean.

Une lignée de Racette


France

Pierre Rasset
 

de Ste-Geneviève-en-Bay arrondissement de Dieppe, archevêché de Rouen, Normandie
Jeanne du Thy (Til)

CANADA

I
Jean Rasset (Racet)
 
21 novembre 1678
Québec
Jeanne Chapeau

II
François Rasset (Racet)
 
29 janvier 1725
Charlesbourg
Marguerite Jobin

III
Charles Racet
 
8 avril 1771
St-Augustin-de-Desmaures
Félicité Gingras

IV
François Racet
 
2 février 1813
L'Assomption
M.-Josephte Belleville-Guernon

V
Élie Racette
 
3 novembre 1847
St-Jacques-l'Achigan
Constance Martin-Barnabé

VI
Xavier Racette
 
vers 1881
Hull?
Joséphine Rochon

VII
Eugène Racette
 
26 septembre 1922
Ste-Anne, Ottawa
Desneiges Gunnville

VIII
Raymonde Racette
 
23 septembre 1961
St-Joseph, Orléans
André Gauthier

IX
Sonia Gauthier
 
23 juillet 1994
St-Jean-Marie-Vianney, Gatineau
Campbell Morisson