Accueil - SGO en bref - Services - Diffusion - Outils
Chroniques de la SGO

Diffusion > Chroniques

Chronique de la SGO

Les Mathieu

Texte de .
Chronique réalisée en collaboration avec la Société de généalogie de l`Outaouais, Inc., parue le 9 décembre 1993

La famille Mathieu

Le voilier Saint-André, jaugeant 300 tonneaux, jette l'ancre devant Québec dimanche, le 7 septembre 1659, en provenance du port de La Rochelle qu'il avait quitté le 2 juillet précédant. Les 130 passagers, parmi lesquels se trouvait Jeanne Mance, et membres d'équipage ont souffert de la peste tout au long du voyage. Dix personnes ne survivront pas et une dizaine d'autres décéderont à court terme en Nouvelle-France.

Parmi les colons à bord, recrutés pour peupler et défendre la colonie contre les Iroquois, se trouvait Jean Mathieu, âgé de 23 ans, originaire du hameau de Tapis (Tapy ou Tapys), sis entre Montignac et Coulonges en Angoumois, aujourd'hui en Charente. S'il s'était engagé avant son départ pour trois ans au service de Pierre Lefebvre, habitant des Trois-Rivières, il ne semble pas être resté longtemps au service de ce dernier. Dès 1661, il se rouve à Château-Richer où il achète une terre de trois arpents attenant à celle de Pierre Tremblay, le plus prolifique des colons percherons. Les descendants de Jean Mathieu conserveront cette terre ancestrale jusqu'à nos jours.

Les épousailles

En février 1669, Mgr de Laval, devenu seigneur de Beaupré, lui octroie un nouveau titre de concession. Le 3 novembre suivant, il épouse en l'église de L'Ange-Gardien, Anne du Tertre, originaire de la paroisse de la Poterie, évêché de Chartres.

Jean aime brasser les affaires. On le voit s'activer surtout durant les vingt dernières années de sa vie. Les greffes de notaires font état de nombreuses transaction: terres achetées, vendues, louées et échangées. En mai 1681, s'il loue ses terres de L'Ange-Gardien, c'est pour se rapprocher de Québec avec sa famille pour y exercer plus librement son métier de boucher.

En 1688, il retourne vivre sur la côte de Beaupré et semble vouloir dconsacrer ses dernières années à éliminer les derniers vestiges de son commerce et à démêler l'écheveau de ses nombreuses transactions. Il cocntinue d'être mêlé à toutes sortes de causes, tant dans les cours seigneuriales qu'à la Prévôté de Québec et au Conseil Souverain de la Nouvelle-France. La plupart du temps, il s'agit de règlements de comptes, de dettes, de chicanes : rien de bien grave.

Jean et Louise-Anne, son épouse, rateront de peu le seuil du XVIIIe siècle. Elle décède le 12 avril 1686 à l'âge de 42 ans. Jean ira la rejoindre au petit cimetière de L'Ange-Gardien trois ans plus tard, alors qu'il a environ 63 ans. Ils ont eu 12 enfants qui ont établi à leur tour toute une dynastie de familles, dont quelques membres se sont illustrés: prélats, hommes politiques, magistrats, musiciens, diplomates, etc. Même s'ils ne sont pas aussi nombreux que les Tremblay, bien sûr, les Mathieu se retrouvent aujourd'hui un peu partout en Amérique du Nord où plus de 3 600 familles portent ce nom, tant au Canada qu'aux États-Unis. Le bottin téléphonique d'Ottawa compte un peu plus de 100 abonnés qui portent le nom Mathieu; ils sont plus de 700 à Montréal, «ce qui ne comprend pas toutes les gentes dames de même patronyme qui n'y figurent que par mari interposé». Ils ont 25 000 cousins en France.