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Diffusion > Chroniques Chronique de la SGO | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Les Lepelé Texte de Jean de Chantal. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Retracer l'histoire de Pierre Lepellé (Lepelé), l'ancêtre des Lahaye (Lahaie) de la Mauricie et de l'Outaouais, c'est en même temps faire revivre un épisode palpitant des origines de la Nouvelle-France, de celles de Trois-Rivières en particulier. Il a été intimement mêlé aux événements qui ont marqué les débuts de la ville fondée par Laviolette en 1634. Il y a joué un rôle prépondérant, autant lui-même que ses descendants. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Denys Lepellé et Jeanne Girardeau (Giraudeau) se seraient épousés en 1620 ou 1621, en Saintonge (Charente-Maritime). Rien ne permet de l'affirmer avec précision puisque le registre des mariages de 1619 à 1623 a été perdu. Par contre, le registre des naissances nous apprend que six enfants sont issus de ce couple, trois garçons et trois filles. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Les Lepellé auraient été des petits notables bourgeois de Brouage, patrie de Samuel de Champlain. Pierre y est baptisé le 2 juillet 1627. On ne sait rien de son enfance, mais ses parents lui donnent sûrement une instruction convenable qui lui permet de se débrouiller en affaires et de jouer un rôle utile et prépondérant dans les événements qui ont marqué les débuts de la colonie trifluvienne entre 1650 et 1690. Nombre de documents sont signés de sa main: «Pierre Lepelé dit Lahé». | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Il arriva entre 1648 et 1651. Après la mort en 1652 de Guillaume Isabel, son voisin, pionnier arrivé quelques années avant lui, Pierre devient le tuteur de la fille de ce dernier et, la même année, il en épouse la veuve, Catherine Dodier (née vers 1634- 1638 en France). Une terre de trois arpents de front sur une profondeur de huit sise en bordure de la rivière des Trois-Rivières et concédée en 1644 à Guillaume Isabel, a été partagée en 1655, une moitié demeurant à sa veuve Catherine et l'autre moitié à sa fille Jeanne. Une terre de même dimension, voisine de celle d'Isabel, avait été concédée en 1647 à Sébastien Dodier, autre pionnier trifluvien. Celui-ci étant décédé en France avant 1663, Pierre Lepellé, son gendre, devient administrateur de cette propriété au nom de son épouse. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
À Trois-Rivières, les habitations de l'époque sont concentrées à l'intérieur d'une enceinte fortifiée qui protège les familles des incursions iroquoises; celle de Pierre Lepellé occupe un emplacement face à la rue Notre-Dame, dans le prolongement de la rue St-Pierre, à l'angle de l'actuelle rue St-François-Xavier. Ce lot se trouve à deux pas de l'ancienne Académie De-La-Salle, édifice qui a été démoli il y a quelques années et remplacé par une construction plus moderne. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Pierre Lepellé est aussi propriétaire d'une autre terre de cinq arpents de front sur le lac St-Pierre, concédée par son ami le gouverneur Pierre Boucher. Cette terre sera connue plus tard sous le nom de Desmarais, surnom que portait en France Denys Lepellé, père de Pierre. En 1668, celui-ci déclare qu'il n'y a encore rien fait à cause du danger iroquois. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Pierre Lepellé a vraisemblablement participé à l'engagement du 19 août 1652, au cours duquel Guillaume Isabel et une quinzaine d'autres trifluviens ont connu une mort atroce. Les «Relations des Jésuites» rapportent que, la veille de ce désastre, quatre habitants furent poursuivis et massacrés par les Iroquois. Pour les venger, le gouverneur Duplessis-Kerbodot prit avec lui de 40 à 50 Français, les fit remonter le fleuve jusqu'à un lieu embroussaillé où ils tombèrent dans une embuscade. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Pierre Lepellé dit Lahaie ne fut pas un coureur des bois invétéré. Il semble avoir surtout vécu du fruit de sa terre. Toutefois, à cette époque, les colons pêchaient l'anguille et allaient à la chasse. Il était d'usage de troquer certains animaux sauvages ou des peaux de castor pour des marchandises. Ainsi, le 4 novembre 1665, Pierre reconnaît devoir au commerçant Jean Chamot la somme de 110 livres et 10 sols tournois pour marchandises vendues et livrées dont il se dit content. L'acte notarié précise que l'ancêtre s'engage à payer l'année suivante, soit le 1er juin 1666, «en castor, argent ou orignaux au prix que le tout vaudra lors du paiement». | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
La famille Lepellé est inscrite aux trois recensements du XVIIe siècle, toujours à Trois- Rivières. En 1666, «Pierre lepellé dit lahaye» est qualifié d'habitant âgé de 38 ans. Demeurent sous le même toît sa femme Catherine Dodier (veuve Isabel), ainsi que Jeanne Isabel (prise en tutelle), ses enfants Françoise, Claude, Joseph, Pierre et Marie. Également à la même adresse, Jean «lepellé dit Desmarais», 20 ans, frère cadet de l'ancêtre Pierre, qui a marié Jeanne Isabel, la tutelle de Pierre. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
En 1667, les mêmes personnes figurent sur la liste du recenseur, à part les deux derniers mentionnés une année plus tôt. On y apprend que la famille Lepellé possède six bestiaux et 48 arpents en valeur. En 1681, trois autres filles sont venus s'ajouter: Catherine, Perrine et M.-Madeleine. En 1685, le 7 novembre, Pierre Lepellé fait rédiger par le notaire Adhémar une quinzaine de pages manuscrites où il décrit le partage de ses biens meubles et immeubles entre les membres de sa famille. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le 10 décembre 1687, à l'âge de 60 ans, alors qu'il est malade au lit, le digne fils de Brouage fait venir le tabellion afin de lui faire écrire ses dernières volontés. L'ancêtre vivra toutefois dix années de plus avant de rendre l'âme chez son fils Claude à Batiscan où il sera inhumé le 29 mai 1697. Sa femme Catherine Dodier l'a précédé dans la tombe le 16 avril 1673 à Trois-Rivières, à peine âgée de 40 ans. Pierre qui n'avait alors que 45 ans ne se remaria jamais. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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