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Diffusion > Chroniques Chronique de la SGO | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Les Gagnon Texte de Jean de Chantal. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Mathurin Gagnon était très prolifique | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Aujourd'hui nous traitons de l'un des trois frères Gagnon, originaires de Tourouvre, un trio remarquablement prolifique. Influencé sans doute par la propagande de Robert Giffard et de Noël Juchereau, qui recrutaient des colons dans le Perche, Mathurin Gagnon décide de venir s'établir au Canada avec ses frères Pierre et Jean. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Mathurin est le fils de Pierre Gagnon, laboureur tout d'abord à la Gagnonnière, lieu-dit de Tourouvre, puis à La Ventrouze, et de Renée Roger, mariés vers 1597. Le couple a sept enfants et trois des fils passent en Nouvelle-France quelque temps avant 1640 avec leur mère devenue veuve. Membre de la Communauté des Habitants, Mathurin s'adonne tout d'abord au commerce et est le plus instruit des trois; seul il sait écrire. Aussi fait-il figure de chef. C'est lui qui passe en France en 1642 pour régler des affaires de famille et de négoce. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le 30 septembre 1647, il épouse Françoise Godeau à Québec; elle est la fille de François et Jeanne Jahan et n'a que treize ans. Elle donne naissance le 2 février 1649 au premier de ses 14 enfants. C'est le couple le plus prolifique des trois. Cinq de ses enfants décèdent à leur naissance, en bas âge ou à l'adolescence. Quatre des fils se marient à leur tour: Mathurin avec Charlotte Cauchon en 1686 (10 enfants), Vincent avec Anne David en 1694 (11 enfants), Pierre avec Hélène Cloutier en 1696 (13 enfants) et Joseph avec Marie Cloutier (soeur de la précédente) en 1699 (14 enfants). | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Ainsi, les frères Gagnon donnent 32 petits-enfants à leurs parents et déjà, au 31 décembre 1729, ils ont 904 descendants: Jean 418, Pierre 218 et Mathurin 268! Ces chiffres proviennent d'une compilation effectuée au moyen des données du département de démographie de l'Université de Montréal. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Vers 1651, les frères Gagnon construisent un magasin sur la place de la basse ville de Québec, près de l'établissement appartenant à la Communauté des Habitants. Lors du recensement de 1666, on trouve les frères Gagnon bien établis à Château-Richer sur la côte de Beaupré. Plusieurs Percherons s'y installent entre 1635 et 1660. Ils y implantent la dévotion à Sainte-Anne, à l'honneur au célèbre «Carrefour de Sainte-Anne» dans le Perche. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Mathurin s'applique à défricher sa terre, y travaillant l'été et s'adonnant au commerce à Québec durant l'hiver. Il ne s'établit définitivement à Château-Richer qu'en 1650, année où il reçoit une concession de six arpents de largeur sur une lieue et demie de profondeur. Nommé marguillier en 1662, il apparaît comme un notable de la paroisse. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le recensement de 1667 nous donne un état de sa concession. Mathurin a 12 têtes de bétail et 25 arpents en valeur. Quand les recenseurs procèdent à leurs relevés de 1681, Mathurin avoue 75 ans bien sonnés et en donne 47 à son épouse; sept enfants habitent encore sous le toit familial, et le pionnier n'a pas besoin d'engagés pour cultiver ses 45 arpents et entretenir ses 20 têtes de bétail. Mathurin meurt le 20 avril 1690 et est inhum. le lendemain dans le cimetière paroissial. Il est à l'origine d'une des plus nombreuses familles du Canada français. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Une inscription signale l'emplacement à Château-Richer des trois lots contigus sur lesquels ils s'installent. Quelques 1 700 descendants accourent de tous les coins du continent en 1940 pour l'inauguration de cette plaque, offerte par la Commission des monuments historiques. C'est madame Cyrias Gagnon, épouse d'un ancien archiviste du Québec, qui la dévoile. Au Château Frontenac, plus de 600 Gagnon participent à un banquet familial sous la présidence d'un ancien ministre et futur lieutenant-gouverneur du Québec, Onésime Gagnon. Le nom de Mathurin apparaît également sur une plaque de marbre à la mémoire de la trilogie gagnonnière fixée en 1960 aux murs de l'église de Tourouvre. Non loin de cette église, existe toujours la maison vénérable dite des Gagnon; c'est d'ici, selon la tradition, que partit Mathurin et ses deux frères. Mais tous les Gagnon de l'Amérique du Nord ne sont pas issus de ce trio. Ils ont un cousin, Robert Gagnon, qui pourra faire l'objet d'une chronique ultérieure. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Une lignée de Gagnon
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