Texte de Monique Saint-Amand. Chronique réalisée en collaboration avec la Société de généalogie de l`Outaouais, Inc., parue le 13 janvier 1992
Un seul ancêtre pour les Bégin du Canada
Au printemps de 1655, Louis Bégin, accompagné de son frère Jacques, quittait Honfleur en Normandie pour venir s’installer en Nouvelle-France. En novembre suivant, il recevait du sieur Jean de Lauzon, une terre de trois arpents de front et quarante arpents de profondeur, à cet endroit connu sous le nom de Pointe de Lévis. Ce n’est qu’en 1668 qu’il se mariait, prenant pour épouse Jeanne Durand, fille de Martin Durand et de Françoise Brunet. Cette jeune fille était venue de Quimper-Corentin, en Bretagne avec sa mère, veuve.
Quant à Jacques, le frère cadet de Louis, celui-ci se faisait aussi concéder une terre, le 4 octobre 1661, dans cette même seigneurie de Lauzon. Cependant, trois ans plus tard, le malheureux se noyait devant la basse-ville de Québec.
Louis Bégin est donc le seul chef de famille de ce nom qui soit venu de France au Canada; conséquemment, il est l’ancêtre de tous les Bégin canadiens. Un Bégin risque peu de se tromper en saluant un autre du même nom, de «cousin, cousine».
Louis serait né en 1631 dans la paroisse de Saint-Léonard de Honfleur. Cela lui donnerait 36 ans en 1667 mais le recensement général de cette année lui en attribue 32. Cette différence d’âge se retrouve au recensement de 1681 où il devrait avoir maintenant 50 ans. Cependant, les renseignements suivants y sont donnés: «Louis Bégin, 44 ans; Jeanne Durand, 29 ans; Marie-Anne, 12; Marguerite, 9; Elizabeth 3, l fusil; 3 bêtes à cornes; 8 arpents, en valeur». Quelle source doit-on croire? Était-ce une erreur de recenseur ou bien, Louis se serait-il rajeuni auprès de sa très jeune épouse? Une recherche s’impose…
Plusieurs autres enfants naquirent à Louis et à Jeanne. Trois de leurs fils parvinrent à l’âge adulte et laissèrent des descendants - Jean-Baptiste, Étienne et Jacques - qui s’installèrent tous dans la seigneurie de Lauzon. Parmi les descendants d’Étienne, un est venu tenter sa chance dans l’Outaouais. En 1880, Polycarpe Bégin, mieux connu sous le nom de Joseph, menuisier de profession, prenait pour épouse Délima St-Amour de la paroisse Notre-Dame d’Ottawa. Toutefois, c’est à Janeville, sur la rue Maud et sur le chemin Montréal, qu’il choisit d’élever sa famille de 7 enfants. La rue Maud fut changée à Bégin par la suite.
Un des fils de Polycarpe, Roméo Bégin, s’illustra sur la scène municipale et provinciale, occupant le poste de greffier de la ville d’Eastview pendant plusieurs années et représentant du comté de Russell à Toronto de 1937 à l948. C’était aussi un homme d’affaires bien en vue. De 1931 à 1952, il a tenu magasin à l’angle du chemin Marier et du chemin Montréal dans l’ancienne salle de billard achetée d’Alex Paquette, agrandie et transformée en épicerie-boucherie.
En demandant à Drouin de faire sa généalogie, Roméo Bégin a appris que sa famille était associée à des ancêtres bien connus tels que: Urbain Tessier, Blaise Juillet, Pierre Miville, Monseigneur Tanguay, Abraham Martin et...Robert Drouin.